"Hitomi, pourquoi y'a tout le monde à l'entrée?
-Ben... Il y a Kyo, Akio et Yonmi qui viennent d'arriver.
-Yo... Yonmi...?
-Ben vi. Péka?
-Je... Il... Il ne dois pas me voir ici.
-Hein?
-Oui, je... enfin, je...
-HA! Oui, j'ai comprit. T'as toujours un petit faible pour lui, même après tout ce temps?
-Oui...
-Béh! Pourquoi tu ne veux pas le voir?
-C'est que... s'il me voie, il va vouloir me saluer, et je ne pourrais pas... enfin... je ne sais pas comment je réagirais.
-Ben vas à l'étage d'en dessous alors.
-Hein?
-Oui, si tu veux l'éviter... Sinon vas dans ma chambre.
-Non merci, je vais rester avec ceux qui sont en bas. Merci.
-..."
"Sû...
-Yonmi... je...
-euh... je... je ne t'avais pas vu depuis le début de la fête. Où étais-tu?
-euh... En bas... avec Myû...
-Mais... pourquoi t'es pas montée avec tout le monde?
-Hein?
-Ben voui, on était tous à l'extérieur.
-Et bien... je... enfait... heu...
-...
-[Est-ce que je lui dis maintenant? Je ne le regretterais pas après?]
-Sû!
-Oui? Euh... Pardon... [Mon coeur bat trop vite... je ne peux plus parler...]
-...[J'ai le coeur qui bat la chamade... 'Fait chier! A un moment pareil!]
-[J'n'en peux plus... j'suis male à l'aise là...]
-[Qu'est ce que j'lui dis? Et mon coeur qui accélère...]
-[Si je lui avouais maintenant, je me sentirais mieux. Mais après...]
-[J'pensais pas être aussi embarassé en la voyant... Mes sentiments sont si forts que ça?]
-[Si je ne lui avoue pas, je n'aurais peut être jamais une autre occase...]
-[Autant se jeter à l'eau! Mieux vaut que je lui avoue ce que je ressens pour elle.]
-[Allez! Un peu de courage ma puce!]
-[Et puis merde! J'me morfondrais toute ma vie si j'le fais pas.]
-[Du nerf, Sû!]
-[Fichtre!]"
Le silence s'installa le temps d'un instant. Les deux personnages firent un pas en avant, et d'un ton déterminé: "(Yomi, Sû), je t'aime!" Le silence s'installa de nouveau. Le rythme de leur c½ur se calma. Cependant, leurs regards se détournèrent de l'un et de l'autre. Yonmi baissa les yeux, tandis que Sû les ferma. Quelques larmes coulèrent sur ses joues. Elle se retourna et se dirigea. vers l'entrée en pressant le pas. Yonmi releva la tête et la vit s'en aller. "Sû!" Il lui courut après, jusqu'au dehors de la maison; il l'attrapa par le bras.
"Sû! Attends!
-Non! Lâche moi! ..."
"Je... je t'aime Myû...
-...
-Je... Désolé si je ne te le dis que maintenant... c'était peut être pas le moment.
-De... depuis quand?
-...Peu importe.
-Akio... j'ai besoin de savoir depuis quand, pour me rendre compte... à quel point j'étais aveugle...
-... C'est... c'est depuis la quatrième.
-Depuis tous ce temps..?
-Après toutes ces fois où tu m'as aidé, où tu m'as remonté le moral quand ça n'allait pas... j'ai commencé à t'admirer, pour ta générosité et ta gentillesse. Quand c'était toi qui avais besoin d'aide... je ne savais pas quoi faire, quoi dire... je n'ai jamais réussi à t'aider. J'ai commencé à être jaloux de ce don que tu avais de pouvoir apaiser les souffrances des autres. Et puis, je suis tombé amoureux...
-...Si tu ne savais pas quoi me dire à ces moments là, c'est qu'il n'y avait rien à dire.
-...
-Même si tu ne dis rien, le fait que tu essais de me remonter le moral et que tu sois à mes côtés suffit largement.
-...
-Depuis toujours, tu as été la seule personne avec qui je me sens bien quand je suis avec elle... Tu n'avais pas à être jaloux d'un don que tu as déjà... en mieux..."
Le silence s'installa une fois de plus. Des larmes continuaient de couler des yeux d'Akio, alors que d'autres débordaient de ceux de Myû. C'était calme. Les autres à l'extérieur discutaient sous la musique, baillaient aux corneilles, et se remplissaient la pense de sucreries et de boissons gazeuses. Myû se détacha de l'étreinte, faisant glisser ses mains jusqu'à celles d'Akio. Elle le regardait, lui, baissait et détournait les yeux. Elle se rapprocha, collant leurs deux corps l'un à l'autre, puis posa ses lèvres sur celles d'Akio.
"Sû! Attends!
-Non! Lâche moi!..."
Yonmi la tennait par le bras. Il attira Sû jusqu'à lui, et l'embrassa. Sû ne put réagir. Elle demeura étonnée un instant, puis se laissant embrasser, enlaça l'homme qu'elle aimait. La nuit tombait lentement sur Funabashi. Le ciel se teintait de la couleur du crépuscule et les villes du Japon sombrait dans l'obscurité. Les lumières des rues s'étaient allumés, les phares des voitures aussi. Les passants retournaient peu à peu dans leurs foyers, ou au contraire, sortaient profiter de l'air frais du soir et faire la fête entre amis, comme le faisaient Hitomi et ses invités. Et chez elle, la fête battait son plein. Tout le monde parlait, dansait, riait... seuls Sû, Yonmi, Akio et Myû versaient de chaudes larmes.
Quelques étoiles firent leurs appartion. La nuit était totale, la lune éclairait le ciel sombre de son blanc éblouissant comme la neige reflettant le soleil, les nuages disparaissaient à l'horizon.